Nurcan BAYSAL

ASIE · Turquie

Le bonheur fait partie du développement !

Alors qu’elle enseignait dans une des meilleures universités de son pays, Nurcan Baysal (35) fit ses bagages pour retourner à sa ville natale de Diyarbakir. Tournant le dos à une carrière universitaire brillante, elle décida de lutter pour les moins privilégiés. Sa bonne fortune fut de réussir en 2006 à persuader la famille Ozyegin, un des principaux philanthropes du pays, à partiellement financer un programme de développement rural intégré qui mena rapidement à un programme similaire à l’échelon national, un des plus ambitieux projets de son genre jamais nés dans le pays. Il a une philosophie unique qui lie le développement économique à des outils de mobilisation sociale et de prise de pouvoir par la base.

 La vision novatrice du programme : un processus visant à l’élimination des disparités et à assurer une vie décente pour tous, ce qui inclut le bonheur. Selon Nurcan, « il s’agit de reconstruire des vies et des espaces de vie qui avaient été détruits et dont on avait dépouillé les habitants ». Pour elle, le développement rural n’est pas seulement une question de revenus ou d’infrastructures, mais aussi d’écouter les populations pour comprendre leurs vrais besoins, leurs désirs, leurs rêves - puis de leur fournir les occasions et les outils pour transformer leurs visions en réalité. Ainsi des ateliers de peinture pour les enfants peuvent être aussi importants que l’élevage ! Reconstruire les relations humaines, la participation des femmes au pouvoir, l’art, la sauvegarde des valeurs et des coutumes font partie de ce développement intégré. Le programme a ainsi donné aux mesures qualitatives une importance égale, voire supérieure, aux mesures quantitatives. Après un an d’opération, les progrès étaient mesurables.

Parmi les principaux éléments du projet, mentionnons le programme intégré, l’importance donnée à la dimension sociale, un cadre de droits et de services de base, y compris les droits humains, sans parler de la participation populaire, si souvent mentionnés mais si rarement pratiquée.